jeudi 28 février 2019

1957 - Retour de vacances

Pendant un certain temps, nous sommes partis en vacances en France, principalement à Arcachon, tous les deux ans. Je pense que c'était une sorte de condition statutaire liée au travail de mon père et/ou de ma mère.

Nous avons fait le retour en bateau, comme pour l'aller. Je tiens cette information de ma sœur car, en ce qui me concerne, les deux trajets se confondent en un seul. C'est "le voyage en bateau", globalement, sans distinction. J'étais encore jeune (5 ans 1/2) et, si ma mémoire imprimait, elle devait imprimer "flou".

Nouvelle année, nouveau logement. Nous ne sommes plus à Cocody mais avenue Chardy, en plein centre du quartier du Plateau. J'ai déjà parlé plusieurs fois de cet appartement cher à mon cœur, à moins que ce ne soit à la période que je sois particulièrement attaché. (6/7 ans).

Nous étions à l'emplacement du rond rouge. Le pont "Général de Gaulle", à droite, n'existait pas encore.

Au bout de la flèche rouge, la terrasse de notre apparement.

mardi 10 octobre 2017

Été 1957 - Une saison en France.

Petit intermède français : Talence  - Arcachon - La Ciotat - Marseille - Meudon.

A peu près tous les deux ans, nous partions en vacances en France, principalement à Arcachon.

J'ai 5 ans et demi. Nous débarquons du bateau à Bordeaux pour rejoindre ma grand-mère dans sa maison de Talence. C'est là que je l'ai vue pour la dernière fois.

La dernière et la première fois aussi, dans un sens. Je l'avais bien côtoyée pendant plusieurs mois en 53/54. Mais comme c'était à un âge couvert par l'amnésie infantile, je ne m'en souvenais pas. Pas plus que je ne m'en souviens aujourd'hui. Une inconnue connue, en somme. Je ne savais pas.

Je ne savais pas non plus qu'elle était déjà malade depuis plusieurs années.
Je ne savais rien de rien.

De ces  quelques jours à Talence, avant de partir pour Arcachon avec toute la famille, y compris nos deux grand-mères, je me rappelle un boîte circulaire en bois contenant des crayons de couleur, la salle à manger donnant sur la rue et l'image peinte au fond de mon assiette à soupe dont la perspective de la redécouvrir à chaque dîner me motivait un peu pour manger plus vite.

Ce fut ensuite Arcachon, d'abord dans une villa située à proximité de la plage et, dans un deuxième temps, à la Villa "Bonheur". De cette location, je garde surtout le souvenir de mon père passant une grande partie de son temps à peindre des tableaux représentant des nus ou des vases avec des fleurs.

La première location de l'été 1957. De g. à d. :  moi (touché par une langue de feu divine comme les apôtres à la Pentecôte), ma sœur, ma grand-mère maternelle, ma grand-mère paternelle, mon père. Ma mère était probablement derrière l'appareil.
Pour la photo suivante, je ne sais pas si elle a été prise à Arcachon. Je dirais plutôt La Ciotat, à cause du promontoire sur la gauche.




La Ciotat, à l'hôtel.


Mon père, moi (quelques jours après le renouvellement du pansement), ma sœur, ma grand-mère paternelle. Mon autre grand-mère, probablement  trop malade, n'était pas venue. Mes parents non plus mais il nous ont rejoints à la fin du séjour.


On distingue (difficilement), de gauche à droite : ma grand-mère de Meudon, son frère René Villemain,
ma sœur, Alice Villemain (née Roche) épouse de René, moi et ma mère. Mon père prenait la photo.

Après La Ciotat, nous sommes allés à Marseille, chez l'oncle (de mon père) René et la tante Alice.
Ils habitaient un appartement situé dans le centre. Leur fille, Monique, habitait de l'autre côté du boulevard.  Ensuite, nous nous sommes retrouvés à Meudon, dans la banlieue parisienne, chez ma grand-mère paternelle, comme en témoigne la photo ci-dessous.

Ma sœur et moi sur la Tour Eiffel. Derniers jours de vacances à Meudon
avant le retour vers Abidjan (septembre 1957).

Au retour, nous avons investi un nouveau logement. Ce n'était plus la maison de Cocody mais un appartement situé avenue Chardy, au Plateau.

C'est là qu'un an plus tard, ma mère, de retour de Bordeaux, nous a a annoncé la décès de sa mère, notre "grand-mère de Talence", le 24 septembre 1958. Ce fut ma première rencontre avec l'idée de la mort. C'est probablement à la suite de cette annonce que, quelques temps plus tard, sur le chemin de la piscine de l'Aquarium, j'ai eu ce "flash" dans la voiture, juste en passant devant la caserne des pompiers située en haut de la descente, cette conscience que, moi aussi, je mourrais inévitablement un jour ou l'autre.
La descente qui menait à la piscine.de l'Aquarium, à Abidjan.










jeudi 6 octobre 2016

Nostalgie ?

J'écris cet article pour répondre à un aimable commentaire de Koro Bibi, en date du 8 janvier dernier (eh oui, j'ai mis longtemps à répondre mais il faut dire que j'avais un peu délaissé ce blog) et libellé comme suit :

'ai lu avec avec beaucoup de plaisir votre blog. j'y ai sentit un amour vrai por notre pays . A quand le retour ?
Pour commencer, une petite anecdote.
Entre 1964 et 1971, mes parents m'ont envoyé presque tous les ans un mois en Angleterre, dans la ville de Bournemouth. J'y ai vécu des moments dont le souvenir m'est encore agréable : l'été, les amis de rencontre, la bienveillance et l'affection de ma famille d'accueil, enfants compris, l'agrément de cette ville balnéaire, et surtout un certain sentiment de liberté, loin de la tutelle de mes parents.

J'y suis retourné en 1993 avec ma compagne. Et, là, j'ai pas mal déprimé. La ville avait changé, de nouvelles routes avaient été ouvertes, certaines parties du paysage étaient méconnaissables, mes rencontres et mes activités d'adolescent n'étaient plus là. Surtout, je m'étais trompé. Ce n'est pas en se contentant de voyager dans l'espace que l'on retrouve les sensations perdues.

En réalité, la nostalgie n'est pas le manque d'un lieu géographique.
Est-elle, au lieu de cela, le désir de revivre une époque ?

Pas sûr.

 Au fond, ce n'est ni l'espace ni le temps qui sont en cause. Ce qui nous manque, ce sont des situations. A la recherche des situations perdues, ce pourrait être le titre d'un roman, au titre, certes, moins élégant que celui de l'original mais peut-être plus pertinent.

Bref, il y a davantage, dans cette affaire, qu'un "ici" qui n'est plus ici. Davantage même qu'un "maintenant" qui n'est plus maintenant.

Ceci posé, il n'est pas exclu que je retourne "au pays" ou, plus exactement, dans ma ville.
Mais, si je le fais, ce sera sans l'illusion d'y retrouver l'objet perdu.
Car, comme je l'ai déjà écrit, quelque chose a fondamentalement changé depuis mon séjour à Abidjan : jadis, les adultes faisaient tourner le monde pour moi et je pouvais me contenter d'y assister en spectateur.
Il "m'arrivait" des choses.
Aujourd'hui, je suis censé les faire arriver.

mercredi 30 décembre 2015

Le Toubab

Un toubab, pour un noir, c'est un européen. Ou alors, un autre noir ayant perdu son identité pour se fondre dans celle des blancs.

Mais ce qu'on dit peu ou pas du tout, c'est qu'un toubab se définit aussi par opposition aux blancs qui n'ont jamais vécu en Afrique.

Dit autrement, parmi les Français, il y a, par exemple, les Limousins, les Provençaux, les Bretons et il y a...les toubabs.

Je suis un toubab et fier de l'être. Et même un toubab au carré puisque je ne me suis pas contenté de vivre en Côte d'Ivoire. J'y suis né. 

C'est pour cette raison que ce blog porte le nom qu'il porte.

Je ne suis pas patriote. Ou alors, je le suis selon ma propre définition. Mes racines, c'est mon passé, -- comme pour tout le monde, non? --  et la terre de mon enfance.
Alors, non, je ne suis pas ivoirien. Je suis de la Perle des Lagunes. Je veux dire par là que si j'avais dû partir et finir mes jours  à Bouaké (par exemple), ç'aurait été un exil aussi.

Mon attachement éventuel à la France a souffert de lourds handicaps.
Pensez ! Les deux premières fois où l'on m'y a envoyé -- à 18 mois puis à 8 ans --, c'était non seulement un exil loin de ma terre natale mais aussi une séparation d'avec mes parents.

Alors, je vous prie de m'excuser si je suis et resterai toujours un Abidjanais.

Mais je m'en sors bien. Etant, selon l'expression consacrée, un Français de souche, je suis indemne de toute suspicion et personne ne m'espionne pour vérifier si je chante la Marseillaise correctement et avec la flamme qui convient. Un traitement de faveur, en quelque sorte. On pourrait appeler ça  "montrer patte blanche"...

Le Plateau une vingtaine d'années avant ma naissance.


lundi 23 février 2015

Juin 1957. En bateau pour la France

D'abord le plus important : cette magnifique description d'un voyage identique, effectué la même année entre Bordeaux et Abidjan, ce qui correspond à notre voyage de retour en septembre. A lire absolument sur le blog ici et maintenant dans une cabane.

Que rajouter à ce récit ? Caroline_8 parle d'une "salle de jeux". C'est ce que ma sœur Martine appelle "la nursery". Je me rappelle particulièrement le castelet où nous nous amusions à inventer des histoires et à manipuler des marionnettes avec l'index et le majeur, chaque groupe ou fratrie prenant, à tour de rôle, la place des acteurs ou des spectateurs. Le castelet occupait la partie la plus à droite de la salle quand on entrait. Il y avait d'autres jeux, alignés latéralement.

Nous avons pris le Brazza (où était-ce le Foucauld ou le Général Leclerc ?) à l'aller et au retour. C'est ma sœur qui m'a précisé ce détail car, dans ma mémoire, les deux trajets se confondent en un seul. Il y eut des escales. Je crois que nous, les enfants, ne descendions pas pour les escales. Je me souviens en particulier de celle de Madère parce que mes parents m'avaient rapporté un béret avec des motifs brodés de couleurs vives, que j'ai gardé longtemps.

Je me souviens également des repas dans la salle à manger du navire où flottait une odeur indéfinissable que je n'ai jamais retrouvée ailleurs.

Le salon du Brazza ou du Foucauld (les deux paquebots étaient identiques).


Quelques images pour en savoir plus long. La plupart sont prises sur le net.

Le Brazza, paquebot de la Compagnie des Chargeurs Réunis, le premier à pénétrer dans le canal de Vridi
en 1951, à l'ouverture du port d'Abidjan.




Escale à Madère à l'aller ou au retour, escale à Lisbonne au moins à l'aller. Témoin, cette carte postale envoyée par Adrienne à sa mère Henriette depuis Lisbonne et annonçant notre arrivée.

Carte postale envoyée le 23 juin (peut-être) par ma mère à sa mère depuis Lisbonne.


Le programme des escales touristiques est confirmé par ce livret de la Compagnie des Chargeurs Réunis, même s'il est daté de deux ans plus tard.

Comme on le voit, le trajet pouvait être assuré, soit par le Brazza, soit par
Le Foucauld, son "sistership", soit encore par le Général Leclerc. J'ai surligné l'option
escales à Madère et Lisbonne.




Le pont promenade du Brazza et du Foucauld.

Le Foucauld devant Madère.

Le Général Leclerc devant Madère.

3 jours après l'escale à Lisbonne, nous débarquons à Bordeaux pour une dizaine de semaines de vacances en France.

Cocody, la période.

Je ne peux pas dire quand nous avons emménagé dans cette grande maison aux portes de la brousse. Comme déjà dit, c'était quelque part entre le printemps et l'automne 1955.

Ce qui est certain, c'est que nous y étions quand j'ai fait mon année de maternelle (1955/56) puis ma première année d'école primaire (1956/57).

La maternelle, c'était à la Croix Rouge. J'en ai déjà parlé. J'avais 4 ans.
Quelques souvenir épars. Le préau qui n'était, dans mes souvenirs, qu'un grand bac à sable. Mon premier chewing-gum. Et puis, un épisode dont le souvenir est plus vivace que les autres.

Nous descendons l'avenue Botreau-Roussel en direction de la lagune dans la Simca Aronde Grand Large familiale, conduite par ma mère. Elle vient se garer sur le côté droit pour me déposer et m'embrasse pour me dire au revoir. Le rituel quotidien, après quoi je prenais la petite allée qui menait aux bâtiments.
Le bisou était-il trop humide ? Me prend l'idée saugrenue de m'essuyer la joue devant elle. Je l'ai manifestement froissée et elle me le fait savoir vertement. C'était "mal". Le savais-je ? Probablement pas.

L'école primaire, l'année suivante. C'était ailleurs. Une collection de bâtiments répartis autour d'une cour. Cet établissement me fait irrésistiblement penser au Collège d'Orientation du Plateau où j'ai fait, plus tard, ma 6° et ma 5°. A se demander s'il ne s'agit pas du même terrain.

Une salle de classe traditionnelle, avec un bureau pour le maîtresse, un tableau, des bureaux avec des encriers pour les élèves. Sur les murs, des affichettes illustrant des fables de La Fontaine, comme le Corbeau et le Renard. C'était le niveau précédant le CP. On appelait ça la 12°. Cela correspondrait aujourd'hui à la grande section de maternelle. J'y ai fait mes premières lignes d'écriture et mes premiers "pâtés". Une cour avec des arbres, dans laquelle nous passions les récréations. La seule trace que je garde de ces jeux dans la cour est une réflexion de ma mère : "Jean-Michel était toujours isolé, il ne jouait pas avec les autres enfants. Cela me faisait de la peine pour lui".


Salle de classe de la 12° à l'Ecole Primaire du Plateau. Au mur, des posters illustrant des fables de La Fontaine. A droite, Le Corbeau et le Renard. Sur les étagères, en haut, des boites de craies. Cliquez pour voir les photos à leur taille d'origine. 



La classe de 12° en 56/57. Dans la cour.


La classe de ma sœur (CE2?), la même année.


C'est à la fin de cette année scolaire, au mois de juin 1957, que nous avons pris le bateau pour la France et  dit adieu à la maison de Cocody en attendant de découvrir, à la rentrée suivante, l'appartement de l'avenue Chardy.

mercredi 18 février 2015

C'est quoi, un silex ?


Ce serait donc ça ?

J'ai une cicatrice au genou droit.

Je sais pourquoi.
Quoi ? Un caillou.
Quand ? L'été 1957, j'avais 5 ans.
Où  ? A La Ciotat, près de Marseille.

C'est un savoir de seconde main. Cette chute m'a été rapportée. Je ne saurais la situer précisément ni dans l'espace -- sur le chemin de l'hôtel à la plage ? -- ni dans le temps.

C'est un événement que je ne visualise pas.

Cependant, il y un événement connexe mais un peu plus tardif que je revois parfaitement. Comme si, pour moi, toute l'histoire commençait directement au chapitre 2.

Plantons le décor. Ma sœur, ma grand-mère et moi sommes logés dans un hôtel de La Ciotat, une grande résidence avec une tour et des terrasses à balustres. C'est l'après-midi. Ma sœur est dans la chambre, ma grand-mère et moi dans la salle de bains attenante, Elle tente de décoller le pansement qui avait été posé après la chute, pour le remplacer par un propre.

Trois quarts d'heure ! Elle a mis trois quarts d'heure pour décoller ce fichu pansement avec, en fond sonore, mes geignements de douleur. Et plus je me plains, plus ma grand-mère hésite, plus cela ralentit le processus et plus longue est la "torture".

Terrasse de l'hôtel à La Ciotat. De gauche à droite : mon père, moi, ma sœur, ma grand-mère.
Selon toute vraisemblance, nos parents nous avaient rejoints en fin de séjour.
A priori, cette photo a été prise peu après la laborieuse opération rapportée ci-dessus.




Une ou deux semaines plus tard, atelier décollage de pansement sur le divan de la salle à manger à Meudon. Ma mère fait une démonstration à destination de ma grand-mère. Principe de base : ne pas tenir compte des plaintes. On attrape le coin du pansement, on tire d'un coup sec et hop ! Super-Adrienne réussit l'opération en 2 secondes et 5 dixièmes. Le patient n'a même pas eu le temps d'avoir mal et encore moins de le manifester.

Si ma grand-mère a appris quelque chose de cette aventure, moi aussi. J'ai fait la connaissance du mot silex, identité générique du méchant caillou sur lequel j'étais tombé et qui m'avait ouvert le genou. La plupart de mes souvenirs anciens sont liés à l'apprentissage de vocabulaire.

Je me suis vu aussi confirmer ce que je savais déjà. Les techniques pédagogiques de Super-Adrienne -- autoritaire, ne ménageant pas les claques, laissant peu de place à la négociation -- n'avaient rien à voir avec celles de grand-mère Blanche.

Parfois, je me demande si le plus grand traumatisme lié à la maladie de ma mère et à son décès n'est pas là. Comment était-il possible que ma mère se laissât infantiliser pas les infirmières et les médecins de l'hôpital ? Ces gens-là savaient-ils bien qu'ils avaient affaire à Super-Adrienne, la plus forte de toutes les mamans ? Dissonance cognitive, même pour l'adulte de 34 ans que j'étais devenu.

samedi 31 mai 2014

Aux lecteurs de ce blog

Bonjour à vous,

Je suis à la recherche de plusieurs choses.
La liste pourrait d'ailleurs s'allonger au fil de mes recherches, en fonction de l'évolution de mes intérêts.

Concernant Radio-Abidjan

(pour lire l'article concerné - CLIC)

1) Je ne "visualise" plus du tout la façade de la villa de l'avenue Marchand où se trouvaient les locaux de la radio à partir d'une certaine date (date qui fait l'objet d'une demande ultérieure).
Je suis donc à la recherche de photos de ce bâtiment, prises de l'extérieur si possible.
Si vous avez des photos de l'intérieur, je suis également preneur, naturellement, mais je suis surtout intéressé à retrouver ce que je voyais quand j'arrivais devant la villa, à la fois pour alimenter ce blog mais aussi et surtout pour raviver mes souvenirs.

2) Je cherche aussi à savoir à quelle date la radio a emménagé dans cette villa. Je sais qu'auparavant, les studios se trouvaient dans les sous-sols du palais du gouverneur (et que, plus tôt encore, ils semblent avoir été dans l'ancienne poste). Sur ce plan, j'ai, pour le moment, des indications contradictoires. J'aimerais donc bien éclaircir ce point.

3) Je voudrais savoir où exactement se trouvaient cette villa de l'avenue Marchand.

Etait-elle en face de la mission protestante ou un peu plus bas vers le croisement avec Botreau-Roussel ?

Concernant le jardin d'enfant de la Croix-Rouge

(pour lire l'article concerné - CLIC)
J'ai fréquenté cette école maternelle en 1955/1956.
Comme pour la maison de la radio, j'aimerais bien....

1)...connaître son emplacement exact dans le bld Botreau

2) voir des photos du ou des bâtiment(s) à cette époque. 

jeudi 30 janvier 2014

Cocody, la maison.

Un jour, nous avons emménagé dans la maison de Cocody.
Je ne sais pas quand et je ne sais pas où exactement.

Le quartier de Cocody est à l'emplacement du point rouge.
A sa gauche, le Plateau, où nous reviendrons deux ou trois ans plus tard, en 57.
Ce pourrait être en janvier ou, tout aussi bien, en juillet 1955. Nous y étions lors du mariage du couple Boissin, pour lequel ma sœur et moi étions enfants d'honneur, comme le montre la photo ci-dessous.

Le mariage Boissin, le 9 juillet 1955. Martine et moi menions la noce.

C'est à peu près de cette époque que remontent mes souvenirs les plus anciens. En juillet 1955, j'avais 3 ans et demi et Martine 6 ans. Nous étions à Cocody, c'est à peu près certain. Je le sais à cause de la photo suivante qui nous montre, ma sœur et moi, autour de la table de la salle à manger. La coiffure de Martine est identique à celle qu'elle arbore sur la photo du mariage.
Salle à manger à Cocody. En face, la baie donnant sur la terrasse.
Ci-dessous, un diaporama en forme de vidéo montrant le plan de la maison. Naturellement, cette présentation ne prétend pas restituer fidèlement ce que nous voyions à l'époque. Elle ne donne qu'une idée générale de la disposition des pièces. Il y manque beaucoup de meubles, notamment les fauteuils et la table basse du salon, visibles sur les photos suivantes, une petite table dans la salle à manger supportant un poste de radio, les meubles des chambres, etc.... Le local dénommée "pièce mystère" n'a pas de fonction bien définie. D'après ma sœur, elle contenait (entre autres?) un réservoir d'eau.



Raymond dans le salon. A gauche, la terrasse. Derrière, sous la fenêtre,
la couchette sur laquelle une infirmière me faisait des piqûres
.
Le salon. Au fond, derrière le boy, la terrasse.

La salle à manger prise depuis le salon. Le boy met le couvert.
La table vue un peu plus haut. Sur la droite, la porte de la chambre des parents est ouverte. On en aperçoit l'armoire.
Un autre coin de la salle à manger. La porte donnant sur le couloir est ouverte.Ce couloir desservait, de part
et d'autre, notre chambre et la salle de bains, dont on devine la porte.

Je n'ai pas de photo de la chambre des enfants mais je me souviens assez bien de la disposition. J'avais le lit le plus éloigné de la porte. En face, les 3(?) fenêtres donnant sur la terrasse. Ce sont ces fenêtre qui rendaient mon endormissement difficile. Derrière elles, le domaine des "fantômes" qui alimentaient mes cauchemars. Près de la porte, nous avions un petit tableau noir sur un trépied(?) avec les lettres de l'alphabet.

lundi 13 janvier 2014

Abidjan 54-55 - Un aller ou un retour ?

Automne 1954. Me voici revenu dans cette ville où j'ignore avoir déjà vécu. Un DC4 ou un DC6 d'Air France ou de la TAI nous dépose sur l'aéroport d'Abidjan.


Nous voilà sur le tarmac, en compagnie de papa, maman et quelques unes de leurs connaissances. Ma sœur et moi portons les mêmes vêtements que lors de notre visite à Saint-Germain-en-Laye, il y a quelques semaines de cela. Il est curieux de constater qu'ici, comme sur plusieurs des photos suivantes, nous portons le même modèle de vêtement. Pendant quelques années, nos parents nous ont habillés comme des jumeaux..




Nous sommes toujours dans la période dont je n'ai aucun souvenir. Un petit tronçon un peu énigmatique qui commence là, en septembre ou octobre 54. Quelques mois à l'Hôtel du Parc....

Plan de situation de l'Hôtel du Parc (rond rouge). Les X vert et bleu montrent d'où ont été prises
les deux photos ci-dessous.


L'Hôtel du Parc vu depuis le carrefour de la rue Gourgas et de l'avenue Chardy (X vert sur le plan)  et,
à droite, depuis le square Bressoles. (X bleu). On voit la terrasse du bar avec son velum et le cinéma à sa droite.



L'entrée de l'Hötel du Parc, avenue Chardy.



...tandis que les repas sont pris chez des amis, les Taverdon. Jean Taverdon travaillait avec mon père au studio de Radio Abidjan et s'occupait plus particulièrement de la partie technique. Voir l'article pertinent.

Nos parents estimèrent probablement que ce régime ne pouvait s'éterniser et qu'il devait être possible de trouver des conditions plus confortables que de "camper" à quatre dans une chambre d'hôtel. Combien de temps cette situation a-t-elle duré ? Aucune idée. Quand nous "posons"-nous enfin à Cocody ? Mystère. La fourchette est large et s'étend sur six mois, disons, de décembre 54 à juin 55.

Le premier trimestre s'achève avec la fête de Noël; au palais du gouverneur, entourés de plusieurs dizaines d'autres enfants....

Le palais du gouverneur, vue extérieure.


Le Noël du Palais. Décembre 1954.



....puis, en famille.




La photo ci-dessus comporte, au verso, un commentaire manuscrit de la main de mon père ou de ma mère

Le jour de Noël 1954.
Jean Michel a revêtu ces accessoires d'agent de la circulation, panoplie donnée par sa marraine. Il a un sifflet dans sa bouche. Martine a la poupée que nous avions achetée à Paris.

Je pense que cette petite note était destinée à l'une de nos grand-mères et que la photo avait été glissée dans une enveloppe à destination de la France.
Le cheval de bois me dit quelque chose. J'ai dû le revoir plus tard.
Les sandales sont aussi du même modèle. Le port de ces "nu-pieds" était quasiment de règle pour les enfants d'Abidjan.

Toujours le 25 décembre 54. Un lieu inconnu quelque part à Abidjan.  Chez les Taverdon ?
Ou, pourquoi pas, déjà à Cocody ?

Commentaire au verso de la photo de gauche "janvier 55 studio radio Abidjan". Celle de droite, non datée,  semble lui être postérieure de quelques pois. Entre mars et juin 1955 ?
Quand elles ne sont pas datées, ces photos sont difficiles à ordonner chronologiquement. En général, j'essaie de me baser sur la longueur des cheveux de Martine. 

Je consacrerai l'article suivant à la période de Cocody avec des photos prises dans ou autour de la maison et d'autres clairement reliées à cette période.





dimanche 5 janvier 2014

Amnésie infantile

Comme le dit Boris Cyrulnik, avec une concision, une simplicité et une justesse à couper le souffle,  "lors de ma première naissance, je n'étais pas là".

Qui est ce petit garçon de 18 mois qui me regarde ?

"T'es qui toi ? T'es moi ?"
Lequel de nous deux apostrophe l'autre ?
J'ai choisi cette photo car celui-ci me regarde vraiment. Au fond des yeux. Et ça fait quand même drôlement bizarre.
Cliquez sur la photo pour l'agrandir : il vous regarde aussi. Mais le fait qu'il vous regarde, vous, est beaucoup plus anodin.que pour moi.
Il ne sait pas que j'existe. Comment pourrait-il en avoir la moindre idée ? Mais, bon, il a vraiment l'air de me regarder, alors je fais comme si. De mon côté, je sais qu'il n'existe plus...ou presque plus ?

Je suis né à 4 ans/4 ans et demi environ. Avant, c'est le néant. Avant, c'est un autre, qui a utilisé le même véhicule corporel que le mien. Pas de souvenir. Avant "je n'étais pas là". Donc, pas moyen de communiquer avec cet autre-là, celui-là même qui me regarde avec ces yeux qui sont censés être les miens. Il paraît que les yeux ne changent presque pas.


Le phénomène de l'amnésie infantile a reçu des explications diverses. Freud pensait qu'elle était due au refoulement. Mais Freud pataugeait un peu dans ses affaires-là, comme beaucoup à son époque.. Et puis, il tenait bien davantage à trouver le moyen de valider son concept du refoulement qu'à chercher honnêtement une explication. En quelque sorte, la réponse précédait et provoquait la question.

Plus convaincante est la théorie selon laquelle le système neurologique n'a tout simplement pas la maturité (manque de connexions entre neurones) suffisante pour permettre de conserver des souvenirs. Surtout, il y a le problème du langage. Peut-on conserver des souvenirs en l'absence totale d'outils de conceptualisation, même sommaires ?

On s'accorde généralement pour dire que le blackout est absolu jusqu'à l'âge de deux ans et que la fixation des souvenirs reste très partielle jusqu'à 6 ans environ. Et puis, même après quatre ans, il y a beaucoup de "faux" souvenirs, des souvenirs suggérés, fabriqués.

Il y a là un mystère, générateur à la fois de frustration et de fascination. Quand suis-je né à ma propre mémoire ?  De quand date la coupure ? Quand précisément le rideau se déchire-t-il ? Et cet autre, censé être moi et avec lequel je ne peux communiquer, est-il vraiment moi ?

J'ai des souvenirs relativement anciens mais, semble-t-il, moins que la moyenne des individus.
Surtout, il m'est pratiquement impossible de classer les plus archaïques par ordre chronologique.
La seule chose que je sais, c'est qu'ils remontent à la période où nous habitions Cocody. J'ignore quand nous y avons emménagé précisément. La fourchette s'étend, en gros, sur six mois, de l'hiver à l'automne 1955. Nous en sommes partis en mai/juin 1957 pour aller prendre des vacances en France avant de nous installer dans l'appartement de l'avenue Chardy..

Salade mélangée

Certains souvenirs se réfèrent à des événements ponctuels, d'autres à des situations répétitives.

Je me souviens de cette scène où nous arrivons à notre logement de Cocody et je -- mais il est possible que ce soit quelqu'un d'autre -- m'écrie "Voilà la maison !".

Je vais au jardin d'enfants de la Croix Rouge. Facile à situer en "remontant" ma scolarité vers le passé : année scolaire 55-56. Je revois quelques scènes et décors. Le préau, comme un immense bac à sable. Mon premier chewing gum que l'on m'avait bien recommandé de ne pas avaler. Je suis aussi, avec les autres enfants et les maîtresses, dans le bâtiment couvert attenant au préau, sans doute pour cause d'intempéries.
Un jour, ma mère me dépose devant la Croix Rouge, comme à l'accoutumée. Elle se gare le long du trottoir puis pose un baiser sur ma joue. Je m'essuie furtivement. Ce geste la blesse et elle me le fait savoir de manière assez véhémente. Je ne suis pas sûr d'avoir compris, sur le moment, pourquoi c'était mal. Mais, bon, c'était forcément mal puisque ça mettait Maman en colère.

Maintenant, je sais compter jusqu'à 20. Mais j'oublie toujours un nombre. Je crois que c'est le 15.
A ce propos, 20, c'est l'âge auquel il me tarde d'arriver. J'y pense et j'en parle souvent. Est-ce pour cette raison que j'ai tenu à apprendre à compter  jusque là ?
Une dame vient me faire des piqûres sur le petit lit au fond du salon. J'aime pas.
Maman dit que j'ai de "l'acétone"(?) et me fait prendre des granulés. Je ne sais pas si c'est pour ça ou pour autre chose. Elle dit aussi que j'ai de la "bourboule" (des petits boutons rouges sur la poitrine ?).

La maison est équipée d'une large terrasse qui en fait presque tout le tour. Alors, je fais des tours de terrasses dans ma voitures à pédales (rouge?) métallique. Plus tard -- ou est-ce plus tôt ? -- je boucle les mêmes circuits avec mon scooter à pédales.
J'ai aussi une panoplie d'agent de police. Aujourd'hui, je devine, grâce à des photos, que cette panoplie m'avait été offerte pour  la Noël 54, un ou deux ans plus tôt.

Cette maison correspond aux années scolaires 55-56 et 56-57; c'est-à-dire...
- à  mon année de maternelle (voir ci-dessus)
- puis à ma première année de primaire, que l'on appelait la 12° et qui était une sorte de pré-CP ou de grande section.
Naturellement, pour tous les souvenirs liés à l'école, il est facile de les attribuer à l'une ou l'autre de ces deux années. Pour ceux liés à la maison et à la vie familiale, en revanche, c'est le grand méli-mélo.

Je consacrerait un article particulier à notre logement de Cocody, avec des photos. Ce sera l'occasion de parler de quelques autres souvenirs de cette époque, plus spécifiquement liés à la maison.





jeudi 2 janvier 2014

53-54 Talence, Arès, Meudon

Cliquez sur les images pour les agrandir.


Abidjan mai 53 / Arcachon juin 53

Rappel : je n'ai aucun souvenir de tous les événements décrits dans cet article. Il s'agit donc d'une reconstruction à partir des photos que je possède et de ce que l'on m'a raconté.

J'ai 18 mois et me voici à l'aéroport de Port-Bouet, dans un DC4 (peut-être) en partance pour Bordeaux, en compagnie d'une dame à qui l'on m'a confié. Est-ce que je la connais ? Je ne sais pas. Mes parents redescendent de l'avion, me laissant sous sa garde. Je n'ose imaginer quels furent mes sentiments à ce moment-là mais je suppose que la perplexité devait le disputer au désespoir.

Abidjan Port-Bouet années 50      /      Bordeaux Merignac en 1963
Attention, l'échelle n'est pas la même. Cela se voit à la taille respective des avions.
Abidjan est encore un "petit" aéroport comparé à Bordeaux. 

Nous arrivons à Bordeaux-Mérignac. Deux inconnues, ma grand-mère maternelle Henriette et ma sœur Martine, sont venues me chercher. Il faut rappeler que ma sœur n'a connu notre mère que de 0 à 6 mois avant que celle-ci ne s'en aille en Afrique avec notre père, la laissant à la garde d'Henriette qui, de fait, a joué pour elle un vrai rôle de mère.

Récit de ma sœur : "cette dame a descendu la passerelle avec toi dans les bras. Tu pleurais beaucoup. Puis elle t'a confié à Grand-mère. Tu as pleuré de plus belle".

Je fais alors la connaissance de ces deux membres de ma famille. On nous retrouve sur la plage d'Arcachon à quelques temps de là. Voir photo en haut de l'article. J'ai déjà presque doublé de volume, preuve évidente que la France me "profite".

A partir de là, je vais m'adapter progressivement à mon nouvel environnement, physique et humain..
Ma grand-mère me promène, m'emmène en ville, toujours en compagnie de ma sœur.

gauche : Martine et moi / droite : Avec ma grand-mère Henriette Ibos née Chazal.
Le chapeau que je porte me valait de la part des adultes, le surnom moqueur de "Le Boer" (prononcé à la française).


Ma grand-mère paternelle, Blanche Villemain veuve Magniez, est également présente. Elle est venue de son domicile de Meudon pour prêter main forte à Henriette. Les deux dames se répartissent les tâches. Henriette s'occupera plus particulièrement de Martine, comme elle l'a fait pratiquement depuis sa naissance, et Blanche de moi.


La maison de Talence, av. Jean-Jaurès, aujourd'hui.

Reconstitution 3D sous Sketchup


La même, de trois-quarts. Devant, les pavés.Au fond, sous la terrasse,
le chai que l'on retrouve sur l'image suivante. 
.
Le premier étage ressemblait à peu près à ce plan. 


Je me laisse apprivoiser. Ma grande sœur reçoit la charge de m'occuper.

Devant le chai. Je suis vêtu de ma fameuse "bambinette" (lire plus bas).

Ma "grand-mère de Meudon" -- plus tard, nous avons appelé nos grand-mères respectivement "Grand-mère de Meudon" et "Grand-mère de Talence" -- m'emmène en balade dans les rues de Talence et de Bordeaux. Plus tard, elle m'a raconté qu'à chaque fois que nous passions devant un café, je m'écriais "A babar ! A babar !". Je tiens néanmoins à préciser que cette vocation de pilier de bistrot fut éphémère.

Blanche avait gardé un souvenir assez précis de cette période. Des années plus tard, elle prenait un plaisir espiègle à m'imiter disant "Je n'f'rai pas pipi dans ma bambinette ! Je n'f'rai pas pipi dans ma bambinette !" J'en conclus que l'on m'avait sévèrement tancé pour m'être ainsi oublié et qu'on me faisait répéter cette antienne comme une sorte de mantra. Etant donné l'amusement rétrospectif que l'évocation de cette scène semblait procurer à ma grand-mère de Meudon, je suppose que c'était l'autre, Henriette, qui m'obligeait à prononcer cette formule magique et que c'est d'elle que Blanche se moquait autant que de moi.
Il faut dire que les choses se gâtèrent assez vite entre les deux grand-mères et que le climat se refroidit à vitesse grand V.

Je tiens de ma sœur le récit de cette scène au cours de laquelle Henriette, excédée, n'en pouvant plus de cette cohabitation forcée, était montée prendre ses quartiers au deuxième étage, sa machine à coudre sous le bras.
J'ai revu mes deux grand-mères en présence l'une de l'autre 4 ans plus tard, pendant l'été 1957. Il ne me semble pas que leurs rapports s'étaient beaucoup réchauffés, même si je ne me souviens pas d'avoir assisté à un esclandre quelconque.

Les mois passent. Je passe les fêtes de Noël à Talence.


Après un hiver particulièrement rude (le fameux hiver 1954), arrive le printemps et, avec lui, ma mère, venue libérer ma grand-mère de sa tâche. En effet, celle-ci commençait à lutter contre le cancer qui devait l'emporter en septembre 1958.

Je ne sais pas quel laps de temps sépare ces deux photos.
Sur la deuxième nos tenues semblent moins hivernales.
Est-ce que je reconnais ma mère ? Je ne sais pas. Plus de six mois se sont écoulés et j'ai à peine plus de deux ans. Mon père ne tarde pas à nous rejoindre. Peut-être au début de l'été. Ma sœur aussi fait la connaissance de ses parents, elle qui n'a connu ma mère que pendant ses six premiers mois et mon père probablement le temps d'un éclair en octobre 1949.

De cette période où nous sommes tous réunis à Talence, je ne garde pas non plus le moindre souvenir. Juste une anecdote : ma sœur raconte qu'elle s'était fait punir parce qu'elle s'amusait à me coincer les doigts dans mon parc. Il ne fait pas de doute qu'elle devait l'avoir mauvaise d'être sanctionnée par ces gens qui affirmaient être ses parents mais n'étaient pour elle que des étrangers. 

Puis, l'été arrivant, on nous a emmenés à Arès. Blanche était là. Henriette était probablement à l'hôpital ou était restée se reposer avenue Jean-Jaurès. Arès est une station balnéaire située au nord du bassin d'Arcachon. 

Arès est indiqué par la flèche rouge. 



Arès Eté 1954 


Avec notre père et sa mère,  Blanche.
Après ces vacances balnéaires, toute la petite famille : grand-mère, papa, maman et les deux enfants s'acheminent vers la région parisienne, à Meudon, où notre grand-mère avait un pavillon.



C'est à Meudon que nous vivons nos dernières semaines avant le départ pour Abidjan. D'après ma sœur, elle y aurait commencé l'année scolaire. De mon côté, trop jeune pour être scolarisé, je prends néanmoins de cours de jardinage et, notamment, d'arrosage.

"Regarde. C'est comme ça qu'il faut faire."

Peut-être dans le jardin du pavillon de Meudon. Raymond, Blanche, Adrienne.
Le séjour à Meudon est également agrémenté de visites touristiques. Je  ne sais pas quel enthousiasme je manifestais mais je sais que celui de ma sœur restait très modéré, ce qui avait le don d'énerver mes parents.
Comment ! On faisait tout pour enrichir sa culture et voilà qu'elle affichait un ennui ostensible ! (propos de mes parents récemment rapportés par Martine). Bon, j'avais moins de trois ans et ma sœur cinq ans et demi. On peut comprendre que ses visites ne nous passionnaient pas.

Martine garde le souvenir de plusieurs lieux différents. Comme je ne me rappelle absolument rien de cette époque, je la crois sur parole. Cependant, grâce à des photos, je sais que le château de Saint-Germain-en-Laye fit partie du programme.

Le pont qui enjambe les douves du château de Saint-Germain-en-Laye.
Sur la photo de notre arrivée à l'aéroport d'Abidjan, nous portons les mêmes vêtements.


Quelques jours après cette photo, nous étions dans l'avion à destination d'Abidjan. Première visite pour ma sœur. Un retour, pour moi. Sauf que 18 mois s'étaient écoulés entre temps (mai 53-octobre 54) et que j'avais probablement oublié y avoir jamais mis les pieds. J'allais réapprendre à être Abidjanais.